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logoMali : la diplomatie française responsable du chaos ?

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Un article d’Olivier Hanne, qui intervient dans le M1 d’Orbis.

Le site Le Monde publiait le 26 juillet dernier un article de Nicolas Normand, ancien ambassadeur de France au Mali, intitulé « Au Mali, le chaos résulte d’une succession de faux pas de la diplomatie française ». Cet article s’inscrit dans une récente série d’analyses de nombreux médias pointant du doigt l’opération française, ainsi que le G5-Sahel et la Force conjointe, accusés d’être des acteurs du chaos au Sahel (1). L’idée sous-jacente est toujours la même : la France poursuit au Mali une politique néo-coloniale qui ne se dit pas, afin d’assurer ses intérêts géopolitiques, gaziers, nucléaires, protéger ses amis dictateurs, etc…

Les « faux pas de la diplomatie française » seraient : la distinction entre groupes armés et terroristes, entre Touareg sécessionnistes et les autres communautés du Nord-Mali, l’instrumentalisation de Barkhane dans les luttes intertouareg, le mauvais accord de paix passé avec des groupes armés sous l’égide d’Alger, le phénomène de lutte interethnique dans le centre, les fragilités de l’État malien… On s’étonne qu’un diplomate ayant vécu sur place et ancien direction-adjoint de l’IHEDN puisse aligner autant d’approximations pour justifier son propos.

Barkhane n’est pas sans défauts, loin s’en faut. J’en avais moi-même identifié quelques-uns (2). La montée des tensions interethniques dans le centre du Mali montre que cette opération est insuffisante à garantir la stabilité, laquelle ne se gagne pas seulement par l’action militaire. On ne peut pourtant lui imputer la responsabilité du chaos actuel, ni à la diplomatie française, qui a suivi – pour une fois – une ligne directrice cohérente depuis 2012.

Si Paris a distingué les groupes armés c’est parce que le MNLA a renoncé en octobre 2012 à son alliance avec les groupes djihadistes et a accepté de négocier. Sans ce retournement, l’opération Serval aurait été beaucoup plus compliquée et meurtrière. Ce mouvement refuse toujours de rendre les armes au profit de Bamako, raison pour laquelle la pression internationale et celle de Barkhane doit aboutir à faire respecter l’accord d’Alger. On ne peut par la seule force briser la résistance du MNLA, qui est l’acteur politique majeur dans le Nord-Mali depuis trente ans. N’en déplaise à l’ambassadeur, il faut de la diplomatie et du temps…

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