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Article paru dans Les Echos.
Par Jean-Baptiste Noé, Directeur d’Orbis.

La fiscalité doit être mise au service d’une politique de puissance et devenir un atout géopolitique pour la France. La révolution fiscale doit se penser dans un contexte mondial et aboutir à un impôt positif.

Connu pour ses forts, Sébastien Le Prestre de Vauban est aussi un penseur économique, auteur d’une Dîme royale publiée après sa mort dans laquelle il préconise l’établissement d’un impôt à taux unique. Il avait compris que la fiscalité ne devait pas servir uniquement à financer l’armée royale et à protéger la France des incursions étrangères, mais qu’elle devait être positive, c’est-à-dire contribuer au développement des populations et être un aiguillon pour l’essor économique et technique des provinces.

La fiscalité française est aujourd’hui devenue un fardeau et un lourd handicap pour la France. Elle décourage la création et le développement des entreprises, elle encourage l’exil fiscal et la fuite des cerveaux et des talents. Pensée comme un élément de redistribution et de contrôle des comportements, la fiscalité punitive et négative d’aujourd’hui pénalise le développement du pays et nuit à son essor international.

Repenser l’impôt

Il est urgent de repenser l’impôt pour en faire un élément de dynamisme aux services des personnes et du pays. Pour cela, il faut revenir à la conception classique de l’impôt et s’en tenir à l’article 13 de la Déclaration de 1789 qui dispose que : « Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés. »

Repenser l’impôt, c’est permettre aux collectivités locales d’externaliser leurs services et de disposer d’une véritable autonomie fiscale, afin de pouvoir gérer au mieux leur territoire et y attirer personnes et entreprises. Il faut pouvoir mettre les communes, les départements et les régions dans une situation de concurrence fiscale, afin de les encourager à améliorer leurs services et à être transparentes sur leurs dépenses. L’ancienne vignette automobile en était un bon exemple, qui permit à certains départements d’avoir de faibles prix pour attirer les sociétés de location de voiture.

Pourquoi se plaindre de l’attractivité fiscale de certains pays d’Europe, qui ont compris mieux que nous l’avantage stratégique qu’il y avait à disposer d’une fiscalité intéressante ? Le gouvernement italien a annoncé des réductions fiscales pour les retraités européens qui viennent s’installer dans les villages éteints du sud de l’Italie. De quoi offrir de belles destinations aux retraités français et de permettre un nouveau dynamisme pour ces territoires. Plutôt que de se lamenter sur le Brexit, il aurait été opportun de permettre aux départements de disposer d’un tel levier fiscal pour attirer à eux les résidents anglais, incités ainsi à rester dans le Périgord ou en Provence.

Garder nos entreprises, en attirer de nouvelles

Une fiscalité intelligente passe aussi par la diminution des charges pesant sur les entreprises afin de les encourager à rester en France et à s’y développer. Cela permettrait aussi d’inciter des entreprises européennes à s’installer dans une France redevenue un paradis fiscal. Comment peut-on reprocher à l’Irlande et au Luxembourg d’avoir établi une fiscalité intelligente et incitative ? La suppression des taxes sur l’héritage et la diminution des charges pesant sur l’immobilier rendraient plus attractives les villes frontalières qui pourraient ainsi tenter de concurrencer Bruxelles ou Genève.

La fiscalité doit devenir un atout géopolitique et un instrument au service de la puissance française, permettant d’établir une pleine et entière souveraineté libérale. Attirer les entreprises, favoriser le travail et l’innovation, faire revenir les cadres français partis vers les pays d’Europe fiscalement moins oppressifs. Cela oblige à l’abandon des chimères de l’État providence, ruineux et inefficace, pour refonder un État subsidiaire, seul à même de fournir des services sociaux de qualité à toutes les populations, les plus dynamiques comme les plus faibles. La fiscalité ne serait plus alors un boulet, mais un atout et un instrument pour la grandeur.

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